Un analyste qui tente de classer les caractéristiques d'une image,
utilise les éléments de l'interprétation visuelle (discutés à la section 4.2) pour
identifier des groupes homogènes de pixels qui représentent des classes
intéressantes de surfaces. La
classification numérique des images utilise
l'information spectrale contenue dans les valeurs d'une ou de
plusieurs bandes spectrales pour classifier chaque pixel individuellement.
Ce type de classification est appelé reconnaissance de regroupements
spectraux. Les deux façons de procéder (manuelle ou automatique) ont
pour but d'assigner une classe particulière ou thème (par exemple : eau,
forêt de conifères, maïs, blé, etc.) à chacun des pixels d'une image. La
"nouvelle" image qui représente la classification est composée
d'une mosaïque de pixels qui appartiennent chacun à un thème particulier.
Cette image est essentiellement une représentation thématique de l'image
originale.
Lorsqu'on parle de classes, il faut faire la distinction entre des classes d'information et des classes spectrales. Les classes d'information sont des catégories d'intérêt que l'analyste tente d'identifier dans les images, comme différents types de cultures, de forêts ou d'espèce d'arbres, différents types de caractéristiques géologiques ou de roches, etc. Les classes spectrales sont des groupes de pixels qui ont les mêmes caractéristiques (ou presque) en ce qui a trait à leur valeur d'intensité dans les différentes bandes spectrales des données. L'objectif ultime de la classification est de faire la correspondance entre les classes spectrales et les classes d'information. Il est rare qu'une correspondance directe soit possible entre ces deux types de classes. Des classes spectrales bien définies peuvent apparaître parfois sans qu'elles correspondent nécessairement à des classes d'information intéressantes pour l'analyse. D'un autre côté, une classe d'information très large (par exemple la forêt) peut contenir plusieurs sous-classes spectrales avec des variations spectrales définies. En utilisant l'exemple de la forêt, les sous-classes spectrales peuvent être causées par des variations dans l'âge, l'espèce, la densité des arbres ou simplement par les effets d'ombrage ou des variations dans l'illumination. L'analyste a le rôle de déterminer de l'utilité des différentes classes spectrales et de valider leur correspondance à des classes d'informations utiles.
Les méthodes de classification les plus communes peuvent être séparées en
deux grandes catégories : les méthodes de classification supervisée et
les méthodes de classification non supervisée. Lors de l'utilisation d'une
méthode de
classification supervisée, l'analyste identifie des échantillons
assez homogènes de l'image qui sont représentatifs de différents types de
surfaces (classes d'information). Ces échantillons forment un ensemble de
données-tests. La sélection de ces données-tests est basée sur les
connaissances de l'analyste, sa familiarité avec les régions géographiques et
les types de surfaces présents dans l'image. L'analyste supervise donc la
classification d'un ensemble spécifique de classes. Les informations
numériques pour chacune des bandes et pour chaque pixel de ces
ensembles sont utilisées pour que l'ordinateur puisse définir les classes et
ensuite reconnaître des régions aux propriétés similaires à chaque classe.
L'ordinateur utilise un programme spécial ou algorithme afin de déterminer
la "signature" numérique de chacune des classes. Plusieurs algorithmes
différents sont possibles. Une fois que l'ordinateur a établi la signature
spectrale de chaque classe à la classe avec laquelle il a le plus d'affinités.
Une classification supervisée commence donc par l'identification
des classes d'information qui sont ensuite utilisées pour définir les classes
spectrales qui les représentent.
La
classification non supervisée procède de la façon contraire. Les classes
spectrales sont formées en premier,
basées sur l'information numérique des données seulement. Ces classes
sont ensuite associées, par un analyste, à des classes d'information utile (si
possible). Des programmes appelés algorithmes de classification sont
utilisés pour déterminer les groupes statistiques naturels ou les structures
des données. Habituellement, l'analyste spécifie le nombre de groupes ou
classes qui seront formés avec les données. De plus, l'analyste peut
spécifier certains paramètres relatifs à la distance entre les classes et la
variance à l'intérieur même d'une classe. Le résultat final de ce processus
de classification itératif peut créer des classes que l'analyste voudra
combiner, ou des classes qui devraient être séparées de nouveau. Chacune
de ces étapes nécessite une nouvelle application de l'algorithme.
L'intervention humaine n'est donc pas totalement exempte de la
classification non supervisée. Cependant, cette méthode ne commence pas
avec un ensemble prédéterminé de classes comme pour la classification
supervisée.
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